Le Soleil

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Modifié le 08 décembre 2025

Le Soleil en haute définition capturé par la sonde Solar Orbiter.
Le Soleil en haute définition capturé par la sonde Solar Orbiter © ESA & NASA/Solar Orbiter/EUI team; Data processing: E. Kraaikamp (ROB)

Sans lui, vous ne liriez pas ce dossier en ce moment. Il a permis l’apparition de la vie sur Terre. Il nous Ă©claire et nous chauffe. Mais le Soleil, Ă©toile la plus proche de la Terre, est aussi une gigantesque boule de gaz très capricieuse. Mettez vos lunettes et suivez la lumière ! 

C’est quoi le Soleil ?

Le Soleil est une étoile. Il est notre étoile, au centre de notre Système solaire. Son diamètre, 1,4 million de km, est environ 110 fois plus grand que celui de la Terre. Et le Soleil représente à lui seul 99,9% de toute la masse du Système solaire.

  • Fusion nuclĂ©aire

Le Soleil est une Ă©norme boule composĂ©e de gaz, hydrogène principalement et hĂ©lium. On peut le comparer Ă  un Ă©norme rĂ©acteur Ă  fusion nuclĂ©aire dont le carburant est l’hydrogène. Au cĹ“ur du Soleil, en raison de la gravitĂ© qui attire en son centre toute la matière, la pression et la tempĂ©rature (15 millions de degrĂ©s) sont tellement fortes qu’elles provoquent la fusion des atomes d’hydrogène. Ils s’entrechoquent violemment et fusionnent, se transformant en hĂ©lium et libĂ©rant au passage de l’énergie. Chaque seconde, le Soleil brĂ»le 620 millions de tonnes d’hydrogène. L’énergie ainsi produite dans le noyau met ensuite 1 million d’annĂ©es pour rejoindre la surface oĂą elle s’évacue sous forme de rayonnements.

Illustration légendée de la composition du Soleil
Composition du Soleil. © Philippe Garcelon
  • Des couches plus ou moins chaudes

Le Soleil se compose de couches superposĂ©es. Entourant le noyau, la zone radiative Ă©vacue la chaleur vers l’extĂ©rieur. Son rayon reprĂ©sente 70% celui de l’astre entier. Puis vient la zone convective, animĂ©e en permanence de gigantesques mouvements de gaz. Enfin, la surface, 400 km d’épaisseur, est appelĂ©e photosphère. C’est de lĂ  que proviennent les rayonnements. Au fur et Ă  mesure que l’on s’éloigne du cĹ“ur, la tempĂ©rature et la pression diminuent. En surface, le thermomètre n’indique « plus que Â» 5 800 °C. 

Le Soleil est Ă©galement entourĂ© d’une atmosphère divisĂ©e en 2 couches : la partie la plus proche de la surface, la chromosphère et la couronne solaire qui s’étend sur 10 millions de kilomètres, en se diluant peu Ă  peu dans l’espace. Fait Ă©trange : au niveau de la couronne solaire, la tempĂ©rature regrimpe en flèche pour atteindre 2 000 000°C. Cette propriĂ©tĂ© est encore mal comprise des scientifiques. 

Gros plan sur une tâche sombre à la surface du Soleil de 5000 km de diamètre. Image du télescope Daniel-K.-Inouye.
Gros plan sur une tâche sombre à la surface du Soleil de 5000 km de diamètre. Image du télescope Daniel-K.-Inouye. © NSF, AURA, NSO
  • Vie et mort du Soleil 

Le Soleil brĂ»le l’hydrogène dont il est fait depuis qu’il s’est formĂ© il y a 4,6 milliards d’annĂ©es. 50% « du carburant Â» a aujourd’hui Ă©tĂ© utilisĂ© : le Soleil est donc Ă  la moitiĂ© de sa vie. La fin de notre Ă©toile devrait ĂŞtre assez spectaculaire : elle va gonfler et devenir une gĂ©ante rouge. Elle fera alors 250 fois sa taille actuelle, englobant Mercure, VĂ©nus et la Terre. Puis quand l’hydrogène sera Ă©puisĂ©, elle s’effondrera sur elle-mĂŞme sous l’effet de la gravitation, et refroidira très lentement. Le Soleil deviendra peu Ă  peu un rĂ©sidu d’étoile appellĂ© une naine blanche.

  • Des rayons de toutes les couleurs

Comme toutes les Ă©toiles, le Soleil Ă©met de la lumière. Ou plutĂ´t des lumières, des ondes Ă©lectromagnĂ©tiques de longueurs d’ondes diffĂ©rentes, correspondant Ă  des Ă©nergies diffĂ©rentes : ondes radio, lumière infrarouge, ultraviolet, rayons X, rayons gamma… Et bien-sĂ»r la lumière blanche, visible, perceptible par nos yeux.

La sonde européenne Solar Orbiter s’approchant du Soleil (vue d’artiste). Ce satellite embarque 10 instruments scientifiques capables de résister à des températures avoisinant les 500°C.
La sonde européenne Solar Orbiter s’approchant du Soleil (vue d’artiste). Ce satellite embarque 10 instruments scientifiques capables de résister à des températures avoisinant les 500°C. © ESA/ATG medialab; Sun: NASA/SDO/ P. Testa (CfA)
  • Une Ă©toile capricieuse

Le Soleil émet aussi en permanence de la matière, des particules chargées que l’on appelle le vent solaire. Et parfois, il crache de véritables tempêtes solaires accompagnées d’éruptions de matière qui se répand à des centaines de milliers de km. Ces manifestations suivent un cycle régulier. L’activité solaire connaît un pic tous les 11 ans. En 2024, le Soleil a atteint le point culminant de son 25e cycle.

En période de forte activité du Soleil, des tâches noires apparaissent à sa surface. © NASA Goddard

L’étoile mystérieuse

C’est la seule Ă©toile que les astronomes observent de jour ! ScrutĂ© et Ă©tudiĂ© depuis des millĂ©naires, le Soleil garde encore quelques mystères.

  • Un astre utilisĂ© depuis la nuit des temps

L’humanitĂ© a toujours vĂ©cu avec le Soleil, qui a permis l’apparition et le dĂ©veloppement de la vie. On trouve des reprĂ©sentations du Soleil dès la prĂ©histoire (vers 15 000 ans av JC). Il a Ă©tĂ© et est toujours un objet de culte, comme dans les civilisations Ă©gyptienne, indienne ou inca. 

Le Soleil est aussi un moyen ancestral de mesurer le temps qui passe. Les 365 jours de notre calendrier correspondent au temps que met la Terre pour faire le tour du Soleil. Les 24 heures de nos journĂ©es correspondent Ă  la course du Soleil dans notre ciel (mĂŞme si l’on est bien d’accord : c’est la Terre qui se dĂ©place autour du Soleil et non l’inverse !). 

Le Soleil éclipsé lors de l’éclipse totale du 8 avril 2024.
Le Soleil éclipsé lors de l’éclipse totale du 8 avril 2024. © Petr Horálek (Institute of Physics in Opava), Josef Kujal (Astronomy Society in Hradec Králové), Milan Hlaváč
  • EtudiĂ© dès l’Antiquité… 

Le Soleil, Ă©tudiĂ© dès l’AntiquitĂ©, s’est dĂ©voilĂ© au fil des siècles et des progrès technologiques. Au 17e siècle, GalilĂ©e dĂ©couvre avec sa lunette astronomique que sa surface n’est pas lisse. Au siècle suivant, on comprend mieux son atmosphère. Puis au 20e siècle, les progrès dans la physique de l’atome renseignent sur les rĂ©actions nuclĂ©aires au cĹ“ur du Soleil. Aujourd’hui encore le Soleil est Ă©tudiĂ©, notamment depuis l’espace. On compte plus d’une vingtaine de missions spatiales dĂ©diĂ©es au Soleil depuis les annĂ©es 1960. En voici quelques-unes : 

  • Cluster : sonde europĂ©enne dĂ©diĂ©e Ă  l’étude des interactions du vent solaire avec le champ magnĂ©tique terrestre.
  • SOHO : un observatoire solaire spatial (NASA-ESA) lancĂ© en 1995 pour Ă©tudier la structure du Soleil et de sa couronne.
  • Picard : un micro satellite scientifique dĂ©veloppĂ© par le CNES. Il a pris plus d’un million d’images entre 2010 et 2014.
  • Parker Solar Probe : la sonde amĂ©ricaine va s’approcher du Soleil en 2025 Ă  moins de 6 millions de km (oui, c’est très proche !) pour prĂ©lever des particules de vent solaire
  • Solar Orbiter : lancĂ© en 2020, ce satellite europĂ©en Ă©tudie les processus Ă  l’origine du vent solaire et du champ magnĂ©tique.
  • Et pourtant encore mystĂ©rieux...

Le Soleil garde encore quelques mystères. Pourquoi, par exemple, sa couronne solaire est-elle si chaude ? Et mĂŞme si l’on sait que le cycle rĂ©gulier de son activitĂ© est liĂ© Ă  son champ magnĂ©tique, certains mĂ©canismes restent mystĂ©rieux. Les scientifiques attendent donc beaucoup des donnĂ©es rĂ©coltĂ©es par les missions actuelles et futures, comme Solar Orbiter et Parker Solar Probe.

Les aurores polaires sont la manifestation visible de l’interaction des particules solaires ayant pénétré le champ magnétique terrestre avec les molécules de notre atmosphère.
Les aurores polaires sont la manifestation visible de l’interaction des particules solaires ayant pénétré le champ magnétique terrestre avec les molécules de notre atmosphère. © NASA Goddard

Une étoile, parmi tant d’autres

Il existe plusieurs types d’étoiles, classĂ©es selon leur luminositĂ©, leur tempĂ©rature, leur masse et leur âge. Le Soleil est une naine jaune comme 10% des Ă©toiles de notre Galaxie, alors que l’étoile Rigel, par exemple, est une supergĂ©ante bleue : 40 000 fois plus lumineuse, 17 fois plus massive et près de 60 fois plus grande que notre Soleil.

Quizz

En période de forte activité du Soleil, des tâches noires apparaissent à sa surface. Elles peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de km de diamètre. A quoi correspondent-elles ?

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